Le monde de mon arrière petite fille

Article écrit sur un brouillon dimanche dernier dans un grand moment d’angoisse. C’est le texte brut que vous aurez. Il ne se veut en aucun cas moralisateur. Il retranscrit simplement mes sentiments du moment, qui n’étaient guère joyeux…

génération future

Le monde est fou et il me fait peur. Les gens hurlent pour un pays qu’ils lynchent habituellement. La foule est en liesse, le soleil tape à travers la couche nuageuse qui s’installe et mon cœur se serre d’angoisse.

L’appartement est à nous, l’avenir à la jeunesse et la Terre dépitée aux générations futures. J’écris des larmes et du sang qui coulent chaque jour de l’horreur humaine. L’Homme est sanguinaire et cannibale.

J’erre dans ce monde sans savoir où est ma place, sans même savoir si j’y ai ma place. Je trace ma route à coup de serpe dans la jungle en ayant la hantise de tomber nez à nez avec un léopard, un prédateur dangereux qui me ferait tomber de haut.

La Terre agonise et ce monde s’en fout. Les gros grossissent toujours plus. Les maigres et les squelettiques disparaissent sans faire de bruit, sans une rose.

Je m’imagine à 90 ans devant le regard pétillant de mon arrière petite fille qui soudain comprend que le monde dont je lui parle, elle ne le connaîtra jamais. Les fleurs dans les prés, les poissons dans les rivières et les framboises de l’été. Elle deviendra une femme incroyable et forte car déjà elle comprend que tout est de notre faute. Elle me transpercera de ses grands yeux noirs et me demandera sans un brin de naïveté dans la voix : « Et toi, qu’est ce que tu as fait ? ». Mickey 3D me dit qu’il n’y aura plus personne pour me laver les mains. Mais je ne veux pas du sang des générations futures sur mes mains.

Quinze ans de cela, j’interprétais avec force et conviction « les enfants de l’an 2000 » (oui, j’ai fait du chant quand j’étais gamine).

« Laissons leur une chance
Sur cette Terre immense
D’y trouver un peu plus
Qu’un champ brulé
Pour qu’ils puissent y construire
De leurs éclats de rire
Un chemin vers le ciel
Illuminé par le Soleil »

Naïve, moi je l’étais. Peut-être le suis-je encore. J’ai envie de croire que tout est encore possible, mais tant de combat nous attendent. Et pendant ce temps ? Pendant de temps l’humain égoïste s’abrutit devant des clowns qui se battent pour un ballon. Le sport n’est beau que quand il est franc et sans arrière pensée, dénué de toute compétition malsaine. Et puis, combien de petit cœur présent dans ces foules ont tremblé en pensant à une ombre noire. En tout cas moi j’ai peur et j’y pense. [EDIT du 15 Juillet : comme dit en introduction, j’ai écrit ce texte dimanche, le 10 Juillet… Aujourd’hui, j’ai une profonde pensée pour ceux qui se trouvait à Nice en ce 14 Juillet pour célébrer notre pays.]

Le temps passe trop vite et ça aussi ça me fait peur. J’ai l’impression d’être encore une enfant dans les grandes herbes hautes du jardin. Mais j’étouffe et je cherche l’air en vain. Serre moi fort que je respire. Seule ton âme peut me guérir, seul notre Amour peut nous sauver, seul mon Espoir peut nous porter, seuls tes bras peuvent me protéger, seuls nos câlins peuvent nous attacher, seules mes croyances peuvent nous éclairer.

Et que les Dieux nous empêchent de vaciller (et peu importe leurs noms).

Le vent se lève, il souffle fort pour chasser mes doutes, mes peurs, mes angoisses, mes hantises. Retrouver la voie de la plume plutôt que la cuillère, vomir des mots plutôt que d’engloutir du gras et du sucre, désencombrer ma tête plutôt que de ruminer des centaines de fois la même chose.

Un câlin à Nounours et à mini-Nounours, tous les trois à l’abri d’un monde cruel. Je ne sais pas m’arrêter d’écrire ce soir, les idées fusent, il faut que je les note. Je me sens mal et rien y fait. Mes yeux piquent. Je crois que je n’ai plus qu’à m’arracher sauvagement de mon crayon et de ma feuille. Ils m’avaient manqué, c’est dur. C’est comme un sparadrap bien collé à même la peau. Ça arrache tout sur son passage.

Il suffirait juste pourtant que je dorme. Que je ferme mes volets, mes paupières. Que je suspende la vie, ma vie et que je m’envole.

Et toi, là, toi qui a eu le courage d’aller jusqu’ici. Tu fais quoi ? Hein ? Répond à mon arrière petite fille. Répond lui avant qu’il ne soit trop tard. Car mon arrière petite fille sera peut-être amie avec la tienne, se mariera peut-être avec ton arrière petit fils. Et à eux tous, ils nous feront le plus gros procès. Mais dans cette histoire, les condamnés, ce sont eux…

Alors, toi ?
Qu’est-ce que tu fais ?

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s